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                   Nous remarquons immédiatement, lorsque nous nous intéressons au matériel utilisé dans l’expérience, que ce n’est pas une petite supercellule qui va provoquer la trombe, mais plutôt une hélice en rotation. C’est la caractéristique le plus importante permettant de trancher entre une trombe réelle et notre fausse trombe. En effet, comme nous avons observé auparavant, nous savons que c’est le mésocyclone présent dans la supercellule qui va provoquer la trombe. Or, ici, la supercellule étant absente, le mésocyclone l’est aussi ! C’est pour cela qu’il nous faut imaginer le mésocyclone comme un moteur entrainant une rotation du fluide, que l’on pourra alors comparer à la perceuse et l’hélice. Mais en réalité un mésocyclone a une largeur bien plus importante que celle de la trombe, ce qui limite l’hélice à représenter uniquement la force motrice de celui ci. Ici, la « trombe » est créée dans le prolongement de la perceuse et de l’hélice. Or dans la réalité, la trombe nait dans une zone interne du mésocyclone, et n’est donc que rarement au centre du mésocyclone. C’est la principale limite de notre expérience. Il est impossible de recréer une supercellule, même si l’on dispose d’un matériel haut de gamme. Il faudrait pour cela créer des couches atmosphériques, avec des différences de pression,  un jet stream, et de la vapeur d’eau qui se condenserait en une supercellule. Cela demanderait des quantités énormes d’énergie, dont seules les supercellules de la nature disposent.

 

                 Si l’on s’intéresse maintenant aux données que nous avons extraites de cette première expérience, nous pouvons les comparer aisément aux données de vraies trombes. La puissance de notre trombe est difficilement mesurable, car la moindre interférence avec le vortex provoque sa disparition. En effet, si l’on passe notre main près du vortex, celui-ci se stoppe immédiatement. Ce n’est pas le cas dans la réalité, où le seul moyen d’arrêter une trombe serait d’utiliser une bombe nucléaire,  qui causerait plus de dommages que la trombe elle-même. On peut donc en déduire que la puissance est faible, si le vortex est fragile. Pour ce qui est de la vitesse des vents, nous n’avions pas d’anémomètre capable de la mesurer, et insérer un anémomètre dans le bidon aurait sûrement brisé le vortex. Nous ne pouvons donc pas traiter des limites de vitesse des vents de notre expérience.

             Une trombe se déplace généralement sur quelques kilomètres, comme nous l’avons expliqué auparavant. Cela ne se produit pas dans notre expérience, car il faudrait déplacer l’hélice, moteur de notre « trombe », et la source d’air chaud, ce qui revient à déplacer le bidon entier. Si l’on déplaçait seulement l’hélice, comme se déplace la supercellule dans la nature, la trombe se déplacerait sur quelques centimètres, puis finirait par disparaître. Cela s’explique par le fait que la vapeur d’eau envoyée dans le tuyau sortirait trop loin de l’hélice pour entrer en rotation. Notre trombe est donc limitée dans son déplacement.

              Pour finir, nous savons que la trombe est visible, outre par les poussières, par la vapeur d’eau qui se condense du haut vers le bas à l’intérieur du vortex. Même si dans notre expérience, la « trombe » apparaît également grâce à la vapeur d’eau, ce n’est pas du tout le même principe. Effectivement, lors de la rotation de notre « trombe »,  les gouttelettes d’eau sont présentes seulement dans le courant d’air chaud ascendant sortant de la cocotte minute, laissant le centre du vortex vide. Cela diffère totalement de la réalité, car, le fait que ce soit la vapeur d’eau qui représente ici l’élévation des poussières ne permet pas une correcte visualisation d’un début de trombe. Dans une vidéo de trombe, nous avons pu observer que la trombe apparaît  lorsqu'une partie de la supercellule descend en cône vers le sol. C’est en réalité ce phénomène de condensation de haut en bas qui n’est pas présent dans notre expérience ! Nous ne pouvons donc pas observer une création de trombe semblable à la réalité, sauf si l’on compare notre expérience à un dust devil, qui ne se crée qu’avec un mouvement ascendant d’air chaud. Alors, on peut prendre la vapeur d’eau sortant de la cocotte comme représentation du sable entraîné avec le courant d’air chaud. Mais encore une fois, nous nous heurtons à une limite. Ici, nous avons  un moteur qui entraine le tourbillon, ce qui n’est pas le cas du dust devil, comme nous l’avons vu dans la première partie.

 

Nous venons donc de montrer que notre expérience du bidon ne produit ni une  trombe, terrestre ou marine (pas de supercellule et pas de déplacement), ni un dust devil (présence d’une hélice). Notre expérience est donc limitée à montrer une structure à vortex que de nombreuses personnes nommeront « tornade », mais qui n’est en fait qu’une illusion de trombe, car seule sa forme globale peut être comparée à un phénomène de la famille des trombes. Mais qu'en est-il de la seconde expérience ?

 

 

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